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RGPD SaaS : rétention et suppression

Par Olivia Dubois

·

20 juin 2026

Si je devais résumer l’article en une idée : un audit RGPD SaaS tient sur 5 vérifications simples, mais beaucoup d’équipes en ratent une ou deux. Et c’est là que le risque commence, surtout quand les données restent dans les sauvegardes, les journaux, les exports ou des outils reliés entre eux.

Concrètement, je dois vérifier :

  • ce que j’utilise : toutes les applications SaaS, sans oublier les outils hors radar (Shadow IT)
  • où vont les données : France, UE, hors EEE, support à distance compris
  • combien de temps je garde : par finalité, avec un point de départ clair
  • ce que dit le contrat : suppression, restitution, sauvegardes, sous-traitants
  • ce qui est supprimé en vrai : base active, archives, journaux, exports, backups

Quelques repères à garder en tête :

  • les sanctions RGPD peuvent aller jusqu’à 20 M€ ou 4 % du chiffre d’affaires annuel mondial
  • une demande d’effacement doit être traitée en 1 mois, avec extension possible à 2 mois
  • la CNIL recommande souvent 6 mois pour les journaux de connexion
  • un registre des traitements incomplet est souvent un des premiers points vus en contrôle

Ce que je retiens surtout : une durée de conservation écrite ne suffit pas. Il faut un réglage dans l’outil, une clause dans le DPA, un process pour les demandes d’effacement, et une preuve datée de ce qui a été supprimé.

Avant d’entrer dans le détail, voici la logique de lecture de cette checklist : inventorier, localiser, fixer les durées, vérifier les contrats, puis tester l’effacement de bout en bout.

Checklist RGPD SaaS : 5 étapes pour maîtriser la rétention et la suppression des données
Checklist RGPD SaaS : 5 étapes pour maîtriser la rétention et la suppression des données

1. Cartographier les applications SaaS, les données personnelles et les lieux de stockage

Construire un inventaire SaaS lié au registre des traitements

Cette étape relie chaque application SaaS au registre des traitements et à ses lieux de stockage. Pour faire un audit RGPD sérieux, il faut partir d’un inventaire SaaS complet et structuré.

Pour chaque outil, documentez la finalité, les catégories de données, y compris les données sensibles au sens de l’article 9, les destinataires, le rôle du prestataire comme sous-traitant au titre de l’article 28, ses sous-traitants ultérieurs si besoin, la durée de conservation prévue et le responsable métier interne. Attribuez aussi un propriétaire par application.

Le périmètre doit couvrir, au minimum :

  • CRM
  • Outils RH
  • Support client
  • Analytics
  • Outils de sauvegarde
  • Services de partage de fichiers

Un audit mené pour une chaîne de cliniques privées a montré à quel point ce travail change la donne : une liste de départ de 47 traitements est passée à 136 après la découverte de systèmes non répertoriés, dont la vidéosurveillance des parkings, les données biométriques de prestataires de restauration et la géolocalisation d’ambulances sous-traitées [1].

Une fois chaque SaaS rattaché au registre, passez à un point très concret : où les données se trouvent en pratique, et comment elles circulent hors EEE.

Documenter les zones d'hébergement et les transferts internationaux

Pour chaque application, localisez avec précision où les données sont stockées : en France, dans l’Union européenne ou dans un pays tiers. Il faut vérifier la localisation réelle dans la configuration de l’outil, et pas seulement se fier à ce qui est écrit dans le contrat [1].

Pour chaque transfert hors EEE, documentez le mécanisme juridique retenu : clauses contractuelles types (CCT, version 2021), certification Data Privacy Framework pour les prestataires américains, ou décision d’adéquation. Pour les pays sans décision d’adéquation, une analyse d’impact des transferts (TIA) doit être réalisée et datée [1].

Pensez aussi aux flux de données moins visibles. La télémétrie, les mises à jour automatiques ou la création forcée de comptes peuvent envoyer des données vers le pays d’origine de l’éditeur sans que cela saute aux yeux [5]. C’est souvent là que les ennuis commencent.

Pour chaque transfert, archivez la preuve juridique correspondante.

Type de preuve Objet Point clé
DPA (article 28) Sécurité contractuelle Définit les rôles et la chaîne de sous-traitance [1]
CCT (version 2021) Base juridique du transfert À utiliser pour les transferts vers des pays sans décision d’adéquation [1]
TIA Analyse de risque Évalue les lois locales pouvant contraindre à divulguer des données [1]
Certification DPF Transferts UE–États-Unis Vérification active sur le site du Département du Commerce américain [1]

Après la localisation, vérifiez que les durées de conservation et les paramètres de suppression suivent bien la politique écrite.

Utiliser Avanoo pour centraliser la découverte et la visibilité SaaS

Avanoo

Un inventaire manuel laisse souvent des angles morts. La découverte continue aide à réduire ce risque.

Avanoo centralise la découverte SaaS, y compris les outils non référencés liés au Shadow IT, afin d’alimenter le registre des traitements et la cartographie des données.

Audit ou Contrôle RGPD : Tutoriel pour démontrer votre conformité - Data Comply One

Data Comply One

2. Définir et documenter les durées de conservation par catégorie de données

Dans l’audit, passez SaaS par SaaS. Le but est simple : vérifier que chaque durée de conservation est écrite, appliquée et traçable.

Fixer les durées selon la finalité et la base juridique

Associez chaque catégorie de données à une durée écrite, liée à une finalité et à une base juridique. Quand aucun texte ne prévoit de délai précis, consignez une durée proportionnée à l’objectif visé.

Catégorie de données Durée de conservation Base / finalité
Factures et données comptables 10 ans Obligation légale (Code de commerce / Code fiscal)
Données RH Durée du contrat + 5 ans Prescription légale pour litiges prud'homaux
Candidats non retenus 2 ans Délai de contestation d'un refus de recrutement
Prospects commerciaux 3 ans après le dernier contact actif Intérêt légitime / recommandation CNIL
Données clients 5 ans après la dernière commande Prescription commerciale
Journaux techniques et journaux de sécurité 6 mois Surveillance sécurité et réponse aux incidents
Cookies analytiques 13 mois Consentement / recommandation CNIL
Images de vidéosurveillance 30 jours Finalité sécurité (sauf litige)
Données de santé Jusqu'à 20 ans Obligations légales médicales et assurantielles

Une fois la durée définie, il faut la traduire en règles concrètes : usage, archivage et suppression. Sinon, elle reste théorique.

Distinguer utilisation active, archivage et suppression

Il faut séparer trois moments dans la vie de la donnée :

  • Actif : la donnée est utilisée au quotidien par les équipes concernées.
  • Archive : la donnée est gardée pour une obligation légale ou un litige, avec un accès limité aux personnes habilitées.
  • Suppression / anonymisation : la donnée est détruite ou anonymisée à l’expiration du délai.

Le point souvent oublié, c’est la date de départ. Et sans elle, la règle ne tient pas.

Pour un prospect, le compteur démarre au dernier contact actif. Pour un salarié, à la date de fin de contrat. Pour une facture, à la clôture de l’exercice comptable. À chaque phase, notez le déclencheur, le propriétaire et la preuve du passage à l’étape suivante. Sans déclencheur écrit, la durée n’est pas applicable.

La règle n’a de poids que si l’outil l’applique dans ses réglages.

Vérifier que les paramètres SaaS appliquent réellement la politique

Le registre pose la règle. Le SaaS, lui, doit la faire vivre. Il faut donc vérifier que les durées déclarées dans le registre correspondent bien aux purges configurées dans les outils.

Cela vise en particulier la rotation et la purge des journaux, la suppression des comptes inactifs et la rétention des tickets de support.

Avanoo permet de comparer les réglages SaaS avec les durées documentées dans le registre, afin de faire remonter les écarts entre ce qui est écrit et ce qui est réellement configuré.

Si un écart apparaît - par exemple, un CRM qui garde les prospects 5 ans au lieu de 3 - il doit être corrigé ou justifié par une dérogation documentée.

Le point suivant consiste à vérifier que les clauses contractuelles et les capacités de suppression suivent la même logique.

3. Vérifier les contrats et les capacités techniques de suppression

Une fois les durées fixées, passez au concret. Il faut vérifier que le contrat et l’outil permettent bien d’appliquer ces règles. Sans ça, la politique de rétention reste théorique. Elle ne devient opposable que si le DPA la reprend noir sur blanc et si le SaaS sait l’exécuter.

Vérifier les clauses DPA sur la rétention, la suppression et la restitution des données en fin de contrat

Le DPA doit imposer de façon explicite plusieurs points clés :

Point à vérifier Ce qu'il faut trouver dans le contrat
Suppression ou restitution en fin de contrat Engagement écrit à supprimer ou restituer toutes les données personnelles à l'expiration du service
Traitement des sauvegardes Délai de purge des sauvegardes après résiliation, et confirmation que les copies sont bien détruites
Obligations des sous-traitants ultérieurs Clause imposant les mêmes exigences à toute la chaîne de sous-traitance
Localisation des données, du support et des accès Identification des régions d'hébergement et des pays depuis lesquels le support accède aux données
Droit d'audit Possibilité pour le responsable de traitement de vérifier les pratiques du prestataire

Ce point est souvent sous-estimé : si un support hors UE accède aux données, même à distance, cela constitue un transfert international qui doit être encadré dans le contrat [4].

Vérifier que l'effacement fonctionne réellement dans l'outil

Le contrat ne suffit pas. Il faut aussi voir si l’outil fait le travail, en pratique.

Vérifiez une suppression sélective, au niveau du compte et du champ, afin d’effacer ce qui doit l’être sans supprimer les données à garder [6].

Vérifiez aussi que la suppression se propage bien aux sauvegardes et aux archives, et pas seulement à la base active [1]. En clair, supprimer dans l’interface ne veut pas dire que tout a disparu. Il faut tester chaque demande d’effacement jusqu’aux sauvegardes et consigner les exceptions légales dans le registre des demandes [1][6].

Suivre les écarts contractuels et de configuration avec Avanoo

Avanoo centralise les écarts contractuels et de configuration pour aller plus vite dans la mise en conformité. La plateforme automatise la cartographie SaaS et le repérage des écarts réglementaires - RGPD, NIS2, DORA - afin de faire remonter les non-conformités entre la politique écrite et la réalité de la configuration [2].

Il reste ensuite à vérifier ce que le contrat ne couvre pas à lui seul : sauvegardes, journaux et exports.

4. Auditer les sauvegardes, journaux, exports et processus d'effacement

Après le contrat et la configuration, il faut vérifier ce que gardent les copies dérivées.

Une fois la base active traitée, le risque se déplace souvent ailleurs : dans les copies, les journaux et les exports. C’est là que beaucoup d’organisations se font piéger. On pense avoir supprimé une donnée, alors qu’elle reste présente dans une sauvegarde, un système de réplication ou un fichier exporté.

Sauvegardes et journaux : fixer les limites, lieux de stockage et cycles de rotation

Un clic de suppression n’efface pas les sauvegardes. Il faut donc tester, de façon technique, chaque processus d’effacement jusqu’aux systèmes de réplication et d’archivage, puis consigner les exceptions dans le registre des demandes [1][6].

Pour les journaux, la CNIL recommande une durée de conservation de 6 mois pour les journaux de connexion et les journaux de messagerie professionnelle [7]. Si votre SaaS ou votre SIEM garde ces données plus longtemps sans motif documenté, vous avez un écart à corriger.

Type de données Durée recommandée Base
Journaux de connexion 6 mois Recommandation CNIL [7]
Journaux de messagerie professionnelle 6 mois Recommandation CNIL [7]

Une fois ces limites posées, testez une demande d’effacement de bout en bout. Pas sur le papier. Dans les outils, avec les vraies dépendances techniques.

Exports et droit à l'effacement : exécution pas à pas

Répondre à une demande d’effacement dans les délais RGPD - 1 mois, avec extension possible à 2 mois pour les cas complexes [1][6] - demande un processus tracé, pas une chasse manuelle dans plusieurs applications. La première étape consiste à vérifier l’identité du demandeur pour éviter toute suppression frauduleuse [6].

Ensuite, formalisez un processus d’effacement en six étapes :

  • accusé de réception
  • identification des données
  • analyse de la légitimité
  • exécution de la suppression
  • documentation du processus
  • information du demandeur [6]

Il faut aussi auditer les champs de texte libre dans les CRM et les outils RH. C’est un angle mort assez courant : ces champs contiennent souvent des données personnelles non déclarées qui échappent aux processus de suppression standard [5].

Si la suppression immédiate des sauvegardes est techniquement impossible, documentez les données résiduelles ainsi que la date prévue de purge au prochain cycle de rotation [6]. Dit autrement, si tout ne peut pas disparaître tout de suite, il faut au moins savoir quoi reste, où, et jusqu’à quand.

Améliorer la découverte du périmètre et la traçabilité avec Avanoo

Avant de supprimer, il faut localiser les données et tracer les actions.

Avanoo donne de la visibilité sur l’activité SaaS - fichiers, exports et usages non déclarés - afin d’identifier les emplacements de données personnelles avant de lancer un processus de suppression. Cette vue aide aussi à repérer les exports non autorisés et les transferts transfrontaliers qui peuvent enfreindre le RGPD ou NIS2.

"Avanoo nous a offert une visibilité complète sur notre utilisation des SaaS et de l'IA, renforcé notre sécurité et aidé à optimiser nos coûts efficacement." - Pierre M., DSI, Cabinet d'audit Big Four [2]

La traçabilité des actions d’effacement - qui a agi, quand et sur quel outil - compte autant que l’effacement lui-même. Sans journal de suivi, impossible de prouver la conformité en cas de contrôle.

Conclusion : la checklist d'audit interne pour maîtriser la rétention et la suppression

À la fin de cette checklist, tout se joue sur quatre contrôles simples : un inventaire SaaS à jour, des durées de conservation définies par finalité, des clauses DPA vérifiées, et des réglages techniques bien alignés avec la politique écrite. À cela s'ajoute un point souvent sous-estimé : la maîtrise des sauvegardes et des journaux, avec des rotations fixées à l'avance. Et surtout, il faut une traçabilité complète des suppressions : preuve d'effacement, identifiant de la demande, horodatage et valideur, sans remettre les données supprimées dans les environnements actifs [1][2][3][6][8].

La preuve d'effacement compte autant que l'effacement lui-même.

Pour le rythme d'audit, la base est claire : une revue trimestrielle du registre des traitements, puis un audit annuel complet avec le DPO et, si besoin, un auditeur externe [1]. Cette revue sert à vérifier que les durées, les purges et les suppressions restent bien alignées. La conformité RGPD sur la rétention ne se traite pas une bonne fois pour toutes. Chaque nouveau SaaS remet la machine en route : cartographier, paramétrer, contrôler, tracer.

FAQs

::: faq

Par où commencer l’audit RGPD d’un SaaS ?

Commencez par un inventaire exhaustif de vos applications SaaS. Cette cartographie sert à repérer le Shadow IT et à voir quelles données personnelles sont traitées par chaque outil, qu’il soit validé ou non par la DSI.

Avanoo peut vous aider sur ce point en automatisant la découverte des applications et la classification des données. Vous obtenez ainsi, plus vite, une vue d’ensemble des risques, des localisations de serveurs et des pratiques de rétention. :::

::: faq

Que faire si les données restent dans les sauvegardes ?

C’est un défi technique bien connu. Si la suppression immédiate n’est pas simple à mettre en place, fixez une durée de conservation claire et raisonnable pour les sauvegardes. Puis dites à l’utilisateur, noir sur blanc, que ses données seront supprimées selon ce délai.

Il faut aussi cadrer le processus. Documentez les risques et la marche à suivre, et gardez une trace des suppressions à rejouer si une restauration a lieu. Ces sauvegardes doivent servir uniquement à remettre l’environnement en état. Et bien sûr, les données qui s’y trouvent doivent être chiffrées. :::

::: faq

Comment prouver qu’une suppression a bien été faite ?

Mettez en place une traçabilité documentée. Après chaque suppression, générez un reçu ou un certificat de suppression avec des données anonymisées uniquement :

  • identifiant interne
  • date de la demande
  • date d’exécution
  • systèmes purgés

Tenez aussi un journal de suppression séparé pour les sauvegardes et les archives. Ce journal doit être rejoué après chaque restauration. En clair, si une sauvegarde remet en place des données déjà supprimées, le journal sert à relancer ces suppressions sans délai.

Documentez enfin les éventuelles exceptions légales. Mais attention : ces preuves d’audit ne doivent contenir aucune donnée personnelle. :::

Olivia Dubois
Olivia Dubois

Shadow AI Expert & Chief AI Officer

Olivia Dubois est Shadow AI Expert et Chief AI Officer chez Avanoo. Diplômée d'HEC Paris et ancienne consultante chez BCG, elle accompagne les entreprises dans la détection et la gouvernance du Shadow AI et du Shadow IT.

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