Par Tanguy Duthion
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8 août 2026
Si l’IT, la finance, la sécurité, les achats et les métiers ne décident pas ensemble, le SaaS coûte plus cher et expose plus de risques. Je retiens surtout 3 faits : 53 % des licences SaaS restent inutilisées, 35 % des experts sécurité en France pointent les apps non approuvées, et des règles comme RGPD, NIS2 et DORA imposent un suivi commun des contrats, des risques et des données.
En clair, j’explique que l’alignement en gouvernance SaaS repose sur peu de choses, mais elles doivent être écrites et tenues dans le temps :
Je montre aussi les rôles de chaque partie prenante : DSI, RSSI, DAF, achats, juridique/conformité, métiers, utilisateurs. Le point clé est simple : sans règles de décision claires, chacun avance avec sa propre vue, et le portefeuille SaaS devient flou, coûteux et difficile à contrôler.
Voici ce que le lecteur va trouver dans l’article :
| Sujet | Ce qu’il faut en retenir |
|---|---|
| Parties prenantes | DSI, RSSI, DAF, achats, juridique, métiers |
| Cadre de décision | RACI + charte + escalade |
| Pilotage | comité mensuel + reporting trimestriel |
| Contrôle | inventaire SaaS, sécurité, conformité, coûts |
| Priorités chiffrées | > 90 % d’apps passées par la gouvernance, < 5 % de licences inactives |
| Renouvellements | revue 90 à 120 jours avant échéance, surtout au-delà de 25 000 € par an |
Bref : je ne parle pas juste de coordination. Je parle d’un cadre simple pour décider plus proprement, couper les dépenses inutiles et garder la main sur les risques SaaS.
Après le principe d’alignement, il faut trancher un point simple, mais souvent flou dans les faits : qui décide, qui agit et qui arbitre.
Dans une ETI ou une grande entreprise française, la gouvernance SaaS fait intervenir sept parties prenantes clés : la DSI, le RSSI, la DAF, les Achats, le Juridique/Conformité, les métiers, ainsi que les utilisateurs finaux et les représentants du personnel. Chacun avance avec sa propre priorité. Le but n’est pas d’empiler les rôles, mais de faire en sorte que leurs décisions aillent dans le même sens.
La DSI veille à la cohérence du portefeuille SaaS et à son alignement avec la feuille de route numérique. Le RSSI se concentre sur la sécurité des données, la gestion des identités et des accès, ainsi que sur la conformité aux référentiels de sécurité et à la résidence des données dans l’UE. La DAF cherche avant tout une bonne prévisibilité des coûts OPEX et la suppression des licences inutilisées. Les Achats pilotent la sélection des fournisseurs, la négociation des contrats et la maîtrise des clauses de renouvellement tacite. Le Juridique/Conformité valide les traitements de données, les DPA et les clauses de transfert hors UE au regard du RGPD, de NIS2 et de DORA. Les directions métiers veulent des outils adaptés à leurs usages, avec un niveau d’autonomie suffisant. Enfin, les utilisateurs finaux et représentants du personnel regardent de près l’ergonomie et l’effet sur les pratiques de tous les jours.
Ces priorités tirent souvent dans des directions différentes. Cette cartographie sert donc de point de départ pour les arbitrages et les circuits de validation.
La suite logique, c’est de formaliser cette lecture dans une matrice RACI.
Une matrice RACI permet de préciser, pour chaque étape du cycle de vie SaaS, qui exécute (Responsible), qui porte le résultat (Accountable), qui doit être consulté (Consulted) et qui doit être informé (Informed). Sans ce cadre, les validations traînent et, petit à petit, plus personne ne sait qui porte quoi.
| Activité de gouvernance | DSI | RSSI | DAF | Achats | Juridique / Conformité | Métiers |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Découverte & inventaire SaaS | R/A | I | I | I | I | R |
| Définition du besoin métier | C | I | I | I | I | R/A |
| Évaluation sécurité & risques | C | R/A | I | I | C | C |
| DPIA, si nécessaire | I | C | I | I | R/A | C |
| Validation du contrat & du DPA | C | C | C | R | R/A | C |
| Approbation budgétaire | I | I | R/A | C | I | C |
| Déploiement & intégration | R/A | C | I | I | I | C |
| Gestion et optimisation des licences | R | I | C | C | I | R/A |
| Revue périodique & décision de renouvellement | C | C | R/A | C | C | R |
| Décommissionnement & suppression des données | R | C | I | I | R/A | C |
La RACI fait passer l’alignement du stade théorique à un circuit de décision utilisable au quotidien.
Cette matrice doit ensuite être intégrée dans une charte de gouvernance, c’est-à-dire un document formel validé par la direction générale. La charte fixe le périmètre, les règles applicables, les seuils d’escalade et la fréquence de révision, avec au moins une revue par an. Sans validation par la direction générale, ce type de document finit souvent dans un dossier partagé que personne n’ouvre.
Une fois les rôles posés, il faut encore fixer les seuils qui font remonter la décision.
Tous les choix SaaS n’ont pas le même poids. En pratique, les droits de décision s’organisent autour de trois situations.
Sélection d’une application. Les métiers formulent le besoin. La DSI vérifie la cohérence du portefeuille SaaS. Le RSSI valide la sécurité. La DAF et les Achats cadrent le budget et les conditions contractuelles. La décision finale dépend ensuite du niveau de risque, de la sensibilité des données et du coût total. Au-delà des seuils fixés dans la charte, le sujet remonte au comité de gouvernance.
Acceptation d’un risque résiduel. Le RSSI et le Juridique/Conformité évaluent les risques, y compris leur effet sur la conformité réglementaire, puis proposent des mesures compensatoires. Si un risque reste présent malgré cela, le responsable du risque signe formellement son acceptation.
Arbitrage en cas de désaccord. Quand les métiers et la sécurité ne tombent pas d’accord, le processus d’escalade doit être écrit à l’avance. D’abord, un arbitrage opérationnel au premier niveau. Ensuite, le comité de gouvernance si aucun consensus ne sort. Enfin, la direction générale pour les risques majeurs. Ce chemin doit apparaître noir sur blanc dans la charte.
Une fois les rôles et les droits de décision posés, il faut les faire vivre au quotidien. C'est là que le modèle opérationnel entre en jeu. Il transforme les règles en habitudes de travail claires. Concrètement, il repose sur trois leviers simples : un comité, des workflows communs et des indicateurs partagés. Le comité tranche, les workflows font avancer les demandes, et les KPIs permettent de garder le cap.
Le comité de gouvernance SaaS est le point de passage central. C'est lui qui donne le tempo et évite que chaque équipe parte dans son coin. Il réunit la DSI, le RSSI, le DPO, la Finance/contrôle de gestion, les Achats, le Juridique et des représentants métiers. Dans l'idéal, il est piloté par le DSI ou par un responsable de la gouvernance SaaS dédié. Son rôle est simple : décider, arbitrer et débloquer les sujets qui coincent.[3][2]
Un format de 60 à 90 minutes suffit pour tenir la cadence, à condition d'aller droit au but. L'ordre du jour couvre les KPIs, les nouvelles demandes, les risques critiques encore ouverts, les reconductions à venir et les exceptions à valider. Ce rythme évite les décisions prises dans la précipitation. Et surtout, il met tout le monde face aux mêmes faits, au même moment.
Le comité arbitre ; les workflows exécutent.
Un workflow standardisé évite un problème très courant : deux directions métiers qui veulent adopter un outil proche, mais qui passent par deux parcours différents. Résultat ? Des délais qui s'étirent, des zones grises, et des règles de sécurité ou de conformité appliquées de façon variable selon l'équipe concernée.[4][5][6][7][8]
L'idée est donc d'avoir un seul parcours de référence sur tout le cycle de vie SaaS. Ce parcours doit couvrir :
Dit autrement, on évite le bricolage. Si le cadre change d'un service à l'autre, l'alignement saute vite.
Les KPIs rendent l'alignement visible. Sans mesure, tout le monde pense être aligné ; dans les faits, personne n'en est sûr. Un tableau de bord court et bien tenu suffit pour piloter l'ensemble.
| KPI | Mesure | Cible indicative |
|---|---|---|
| Applications identifiées | Total des SaaS identifiés, approuvés vs non approuvés | Inventaire exhaustif et à jour |
| Part des applications approuvées | % des applications actives ayant passé le processus de gouvernance | > 90 % [1] |
| Licences inutilisées | Nombre et coût (€) des licences sans usage depuis 90 jours | < 5 % du parc [1] |
| Économies sur les reconductions (€) | Montant économisé via négociation ou réduction de licences | Suivi trimestriel |
| Risques critiques non résolus | Applications à risque élevé sans plan de remédiation actif | Suivi prioritaire |
| Taux de revues de conformité | % des applications ayant fait l'objet d'une revue RGPD/NIS2/DORA | Revue systématique des applications sensibles |
Ces indicateurs alimentent ensuite trois niveaux de reporting. Les points opérationnels réguliers entre l'IT, la sécurité et les métiers servent à traiter les urgences. Les réunions mensuelles du comité de gouvernance portent les décisions qui engagent le portefeuille. Puis un rapport trimestriel destiné au Comex ou à la DSI permet de suivre l'évolution du parc, les économies réalisées et l'état de conformité réglementaire.[2][8][9]
À partir de là, les priorités deviennent plus nettes : quels risques traiter d'abord, quels sujets de conformité accélérer, et où agir sur les dépenses.
Les décisions du comité et les KPI partagés deviennent ici très concrètes. On passe de l'intention à l'exécution : découverte, contrôle, conformité et renouvellement.
Le Shadow IT ne vient pas d'une volonté de contourner les règles. Il apparaît surtout quand les équipes avancent plus vite que le cadre posé. Un cas classique : une équipe marketing prend un outil d'automatisation d'e-mails avec une carte bancaire pro, sans passer par la DSI. Résultat, des données clients peuvent être traitées hors des systèmes approuvés, sans DPIA ni clause nette sur l'hébergement des données. Le même risque existe pour tout outil mis en place sans validation sécurité.
Autre sujet sensible : le départ des collaborateurs. Des comptes restent actifs dans des outils non référencés après la sortie d'un employé, simplement parce qu'il n'existe pas de processus de déprovisionnement bien calé entre les RH, l'IT et les managers.
Pour corriger ça, la DSI prend la main sur la découverte. Elle analyse les logs SSO, les notes de frais et le trafic réseau afin de repérer les applications non déclarées. Le RSSI examine ensuite chaque outil trouvé : chiffrement, contrôle des accès, localisation des données, gestion des incidents. De leur côté, les responsables métiers apportent le contexte et confirment si l'outil répond à un besoin déjà couvert ailleurs. En pratique, Avanoo permet d'automatiser cette détection et de croiser les départs RH avec les comptes SaaS actifs pour repérer les accès orphelins.
Une fois les usages non déclarés repérés, la conformité se gère application par application. Pas de baguette magique ici : il faut regarder outil par outil.

Trois textes, trois logiques, mais un seul portefeuille SaaS à piloter. Le RGPD impose un registre des activités de traitement à jour pour chaque application qui manipule des données personnelles. NIS2 demande une gestion documentée des risques liés aux fournisseurs numériques, ainsi que des preuves de détection, de réponse et de notification des incidents. DORA exige, pour les entités financières, un registre TIC tiers à jour et accessible aux superviseurs.
| Réglementation | Exigence clé pour les SaaS | Délai clé |
|---|---|---|
| RGPD | Registre des activités de traitement (RoPA), DPIA pour les traitements à risque | 72 heures (violation de données) |
| NIS2 | Gestion des risques fournisseurs, preuves de détection, de réponse et de notification des incidents | 24 heures (alerte précoce) |
| DORA | Registre TIC tiers, clauses contractuelles, tests de résilience | 4 heures (incidents majeurs) |
Pour éviter que tout cela reste sur le papier, chaque nouvelle demande SaaS doit lancer une revue de protection des données avant la mise en production. Les équipes juridique et conformité posent le modèle de RoPA. Le RSSI documente les mesures techniques et organisationnelles du fournisseur. L'IT cartographie les flux de données. Ensuite, des revues annuelles - ou calées sur les renouvellements de contrats - servent à garder ces registres à jour et prêts pour un audit.
Le même pilotage sert aussi à mieux gérer les renouvellements et à couper les dépenses qui n'ont plus de sens.
40 % des dépenses SaaS échappent au pilotage des achats, et 30 % des licences sont inutilisées [1]. Dit simplement : le sujet dépasse largement l'IT. C'est un sujet de gouvernance. Si la finance ne sait pas ce que l'IT a signé, et si les achats découvrent un renouvellement automatique trop tard, personne ne peut reprendre la main.
Un calendrier partagé des renouvellements change déjà beaucoup de choses. S'il se déclenche 90 à 120 jours avant l'échéance pour tout contrat supérieur à 25 000 € par an, il devient possible d'éviter les reconductions automatiques subies [1]. À chaque échéance, l'IT apporte les données d'usage réelles, le métier explique la valeur attendue, et la finance tranche sur le coût par utilisateur actif.
Après les comités, les workflows et les KPI, le dernier frein tient souvent à la donnée partagée. Un calendrier commun ne change pas grand-chose si chaque équipe travaille encore avec sa propre version des faits. Une plateforme SaaS règle ce point en réunissant les informations au même endroit et en donnant à chacun la même lecture, en temps réel.

Avanoo centralise la découverte SaaS, la sécurité, la conformité et les coûts dans un espace partagé. Cette vue commune alimente directement les arbitrages du comité et le reporting exécutif.
Le tableau ci-dessous montre comment Avanoo traduit la RACI, le comité et les workflows dans le quotidien de chaque partie prenante :
| Partie prenante | Objectif de gouvernance | Capacités Avanoo | KPI clé |
|---|---|---|---|
| DSI | Maîtriser le parc applicatif SaaS | Découverte SaaS automatisée, détection du Shadow IT | Nombre d'applications non déclarées détectées |
| RSSI | Réduire l'exposition des données | Score de sécurité des applications, résidence et usage des données | Nombre d'applications à haut risque |
| DAF | Optimiser les coûts (€) | Analyse des licences inutilisées, détection des doublons fonctionnels | Taux d'utilisation des licences (%) |
| Juridique / Conformité | Garantir la conformité RGPD, NIS2 et DORA | Suivi de la résidence des données, détection des accords de traitement manquants | Applications sans DPA à jour |
| Achats | Piloter les renouvellements fournisseurs | Alertes de renouvellement, intelligence contractuelle | Nombre de renouvellements automatiques évités |
| Équipes métiers | Adopter des outils adaptés et sécurisés | Tableaux de bord d'adoption, catalogue d'outils approuvés | Taux d'usage des outils approuvés |
Concrètement, le comité de gouvernance mensuel s'appuie sur les tableaux de bord Avanoo pour passer en revue les nouvelles applications détectées, les scores de sécurité les plus critiques et les renouvellements à venir. Le reporting exécutif trimestriel - présenté au COMEX ou au CODIR - s'alimente des mêmes données pour suivre l'évolution du risque, des dépenses et de la maturité de gouvernance.
La gouvernance SaaS ne tient ni sur un tableur ni sur la bonne volonté d'une seule équipe. Elle repose sur quatre piliers qui se renforcent entre eux : des parties prenantes identifiées dès le départ, des rôles et droits de décision documentés, des routines répétables comme le comité, les workflows et les checklists, puis des KPI partagés nourris par des données fiables.
Pour passer à l'action, la séquence recommandée est simple :
La gouvernance SaaS devient durable quand les mêmes données fiables servent aux mêmes décisions.
Co-fondateur & CEO
Tanguy Duthion est co-fondateur et CEO d'Avanoo. Ancien de Google et d'Asana, il a fondé Avanoo pour aider les organisations à reprendre la main sur leurs usages SaaS et IA.
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